Celebrating 10 years of Anna Lindh Foundation Follow us on Twitter Like us on Facebook Subscribe to our YouTube channel Join us on Flickr

Déclaration conjointe du conseil consultatif de la Fondation Anna Lindh 2016

lun, 12/09/2016 - 09:26 -- Regina Salanova

Rome, 8 septembre 2016 – La déclaration suivante a été faite aujourd’hui par les membres du conseil consultatif de la Fondation Anna Lindh, l’organe de réflexion de l’institution chargé de conseiller le conseil d’administration intergouvernemental de la Fondation, son réseau régional de plus de 4 500 organisations de la société civile et son secrétariat international à Alexandrie. La réunion du conseil consultatif à Rome était présidée par la présidente de la Fondation Anna Lindh, Élisabeth Guigou, et rassemblait des membres d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

« Au terme d’une journée intense de discussions stratégiques, nous affirmons que pour nous tous qui travaillons pour un avenir méditerranéen commun – gouvernements, jeunes leaders, société civile, citoyens influents –, il est plus urgent que jamais d’accélérer et d’intensifier l’action interculturelle devant les défis régionaux sans précédent auxquels nous faisons face.

Un an après notre réunion annuelle de 2015 à Rome, nous nous accordons à dire que l’environnement socio-politique de la région s’est encore détérioré, dans un contexte où des forces attisent la polarisation dans et entre les sociétés de la Méditerranée. L’impact des problématiques communes, de la crise des réfugiés au chômage des jeunes, peut donner lieu à un danger plus grand et plus durable : la fracture culturelle.

Nous pensons tous que le dialogue interculturel, envisagé comme une solution durable à long terme pour améliorer la qualité de vie dans la région, est aujourd’hui un instrument central pour atteindre la paix et la sécurité, remédier aux causes sous-jacentes de l’extrémisme et favoriser la réconciliation entre les communautés. Le dialogue interculturel, qui doit être conçu de façon commune entre le nord et le sud, est plus essentiel que jamais pour apporter des solutions aux problèmes urgents de la vie quotidienne et offrir des perspectives positives et des moyens de réussir durablement : l’un des axes fondamentaux des objectifs de développement des Nations Unies. C’est pour cette raison que nous appelons les gouvernements et les acteurs régionaux à investir dans les axes prioritaires de l’action culturelle et à faire en sorte qu’il n’y ait pas de discordance entre la volonté politique renouvelée de dialoguer, exprimée par une série de communications en 2015/16, et l’allocation des ressources nécessaires pour traduire la politique régionale en action.

Nous affirmons également que « la fermeture n’est pas la réponse » aux défis profonds et complexes auxquels sont confrontées les sociétés au nord et au sud de la Méditerranée. Nous pensons que nous devons ouvrir le dialogue et maximiser la contribution des migrants en tant que ponts culturels, et que des actions collectives doivent être renforcées pour créer un cadre positif pour l’avenir et pour que la jeunesse d’aujourd’hui puisse bâtir une communauté régionale ouverte, partagée et prospère. La montée des préjugés est une menace sérieuse à la sécurité internationale, tandis que la migration internationale constitue une opportunité pour les sociétés de demain.

Nous pensons que l’orientation stratégique de la Fondation Anna Lindh vers l’investissement dans la jeunesse et le travail en partenariat reste la bonne voie à suivre, et que la Fondation doit désormais aussi prendre en compte des contextes spéciaux : les villes et les médias.

La ville florissante de demain sera interculturelle. Dans une zone euro-méditerranéenne de plus en plus urbanisée, les villes présentent des défis spécifiques, mais aussi des opportunités de dialogue interculturel positif. Elles présentent un paysage où les rencontres interculturelles et les flux de personnes ouvrent la voie à de nouvelles formes d’expression culturelle et d’entreprise créative pour développer de nouveaux réseaux sociaux et commerciaux aboutissant à de nouvelles réalités de diversité culturelle.

Nous reconnaissons également le potentiel des médias pour réduire les divergences de perception qui sont exploitées par les mouvements de division. Une nouvelle génération de journalistes, au nord comme au sud, a besoin d’un soutien croissant pour rendre compte des réalités sociales et culturelles complexes de notre région. Nous appelons de même les propriétaires de médias et les autorités à reconnaître le risque qu’il y a pour nos sociétés futures à alimenter une « opposition d’ignorance » et à soutenir des discours divergents auprès des citoyens de la région.

La mobilité constitue le premier droit de la Méditerranée, et l’intensification des échanges est essentielle et intimement liée à la sécurité internationale, la lutte contre le terrorisme et les discours extrémistes. La région euro-méditerranéenne a l’opportunité historique d’activer des liens parmi la prochaine génération de leaders du dialogue, et de nourrir la croissance la plus forte jamais enregistrée dans les échanges entre personnes. Les échanges d’enseignement virtuel vont jouer un rôle de plus en plus grand dans l’élargissement de l’accès et l’approfondissement de l’impact des rencontres face à face.

Ces piliers de l’action interculturelle cadrent dans la nouvelle stratégie de la Fondation Anna Lindh, soutenue en 2015 par les 42 États membres de l’Union pour la Méditerranée (« Œuvrer ensemble vers 2025 »), et sont fondamentaux pour faire de la Fondation le point de référence et le garant du dialogue interculturel dans la région. L’investissement dans l’évolution stratégique à long terme de la Fondation, par une nouvelle politique de communication basée sur les données et un accès à l’expertise, à des voix et des pratiques innovantes, sera essentiel pour transmettre le message de la Fondation dans les sociétés de la région.

La prochaine étape de cette feuille de route sera le FORUM MÉDITERRANÉEN, le plus grand rassemblement de la société civile et le processus le plus influent en son genre pour le dialogue interculturel, qui se tiendra du 23 au 25 octobre à La Valette. Le conseil consultatif apporte son soutien total aux piliers stratégiques définis. Programmé pour avoir lieu à la veille de la présidence maltaise de l’UE, le Forum sera une plateforme pour : le lancement du programme phare VOIX DES JEUNES MÉDITERRANÉENS ; la présentation des résultats préliminaires du RAPPORT DE TENDANCES INTERCULTURELLES de la Fondation ; la présentation des résultats du programme TRADUCTION POUR LA MÉDITERRANÉE ; le lancement d’un réseau régional d’anciens étudiants pour le programme MÉDIAS : JOURNALISTES PAR-DELÀ LES CULTURES ; l’initiation d’une nouvelle politique de VILLES MÉDITERRANÉENNES POUR LE DIALOGUE ; et l’établissement d’un soutien pour un programme pionnier ERASMUS D’ASSOCIATIONS.
Malte émettra également un appel à l’action sans précédent. Un catalyseur de collaboration entre les principaux acteurs régionaux pour le dialogue et le réseau d’organisations de la société civile de la Fondation ; une coalition de valeurs à vaste portée pour encadrer l’avenir du dialogue euro-méditerranéen. Nous pensons tous qu’il est temps d’agir ensemble et de transformer le dialogue interculturel en action interculturelle dans l’ensemble des sociétés civiles de notre région. »
Membres du conseil consultatif en 2016 :

Élisabeth Guigou, présidente de la Fondation Anna Lindh ; Yaarah Bar-on, président de l’Oranim Academic College of Education, de la Bezalel Academy of Art & Design ; Joško Božanić, directeur du centre d’études interdisciplinaires Studia Mediterranean de la Faculté de Lettres et de Sciences sociales de l’Université de Split ; Michele Capasso, président de la Fondazione Mediterraneo ; Hesna Al Ghaoui, correspondante, journaliste, rédactrice à l’étranger et reporter ; Sonja Hegazy, vide-directrice du Zentrum Moderner Orient ; Miguel Hernando de Larramendi, directeur du Groupe d’Etudes sur les Sociétés Arabes et Musulmanes (GRESAM) de l’Université de Castilla-La Mancha ; Ann Luttrell, directrice éducative du Triskel Arts Centre ; Rowaida Al Maaitah, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, présidente du Centre national de soins de santé pour femmes,  l’Université de Sciences et Technologies de Jordanie ; Aliki Moschis-Gauguet, directrice de la candidature de Rhodes 2021, capitale européenne de la culture ; Mohamed Anis Salem, ambassadeur, directeur de travaux sur le développement, Groupe des Nations Unies, membre du Conseil égyptien des Affaires étrangères et ancien représentant de l’UNICEF ; Fatma Serpil Uludogan Alpman, ancienne ambassadrice au ministère turc des Affaires étrangères ; Risto Veltheim, ancien coordinateur de la coopération euro-méditerranéenne et ancien membre du conseil des gouverneurs de la Fondation Anna Lindh au ministère des Affaires étrangères.

Pour plus d’informations sur la déclaration aux médias et la réunion 2016 du conseil consultatif, contactez :

Paul Walton: Paul.Walton@bibalex.org
Regina Salanova: Regina.Salanova@bibalex.org