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PERSPECTIVES - Amre Moussa

Secrétaire Général de la Ligue arabe

Je voudrais commencer par féliciter la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh d’avoir publié le Rapport sur les tendances interculturelles 2010. Ce travail important entreprend de faire la lumière sur les relations culturelles dans la région euro-méditerranéenne à partir de différentes perspectives globales concernant la diversité culturelle.
Vue comme un espace géographique, la région «Euro-Méditerranée» a besoin de rapprocher les cultures et les civilisations existantes fondées sur la croyance en la diversité culturelle. Le rythme de rapprochement ne peut être réglé et développé que par la démocratie. Si elle est l’un des principaux constituants des sociétés européennes, la démocratie est également un objectif majeur pour le développement des autres sociétés Euro-méditerranéennes. Une mauvaise interprétation de la culture arabo-islamique est actuellement la question prédominante au niveau international, ce qui provoque des tensions et des perturbations dans les relations entre les nations. On peut dire que le conflit provoqué entre la civilisation occidentale et la civilisation arabo-islamique provient du manque de compréhension, au cœur des deux civilisations, de leur histoire et de leur capacité à se rencontrer et à vivre ensemble.

Dans ce contexte, la question de l’importance de l’apprentissage et de l’éducation se pose. Percevoir le développement de l’éducation et celui de ses programmes avec une approche progressiste est également une condition nécessaire pour forger des générations capables de faire face à la mondialisation et à ses exigences fondées sur la coopération, l’interaction et l’intégration. Dans le cas de la Méditerranée, nous voyons en particulier la nécessité de mettre l’accent sur les valeurs sociales qui peuvent être partagées entre les différentes cultures et qui constituent la base d’une plus grande proximité. La Méditerranée a été un pont pour le dialogue des cultures et des civilisations entre le monde arabo-islamique et l’Europe et doit rester une mer libre ouverte à ce dialogue et non un obstacle entre les nations euro-méditerranéennes. 

Il est également important de s’occuper des problèmes d’offenses aux religions et aux cultures, et, à cet égard, le rôle joué par les médias sur l’émergence de concepts positifs ou négatifs apparaît fondamental. Les médias devraient être un organe honnête, éclairé, qui corrigerait les perceptions erronées qui nourrissent des doutes. Les médias devraient aussi être exempts d’inclinations, de préjugés, d’extrémisme et de stéréotypes sur les autres. La paix, l’homogénéité, la coexistence, la tolérance et le respect de l’autre sont autant de valeurs à développer.

Les recommandations issues de ce Rapport ne devraient pas être présentées qu’à l’élite, qu’aux penseurs ou aux représentants du gouvernement. Ces recommandations doivent parvenir à l’opinion publique, aux élèves dans les écoles et les universités ainsi qu’aux organisations de la société civile et à d’autres afin d’obtenir de réels effets positifs quant à une meilleure compréhension et un dialogue plus facile. Mon message aux médias est le suivant : «Oui à la liberté d’expression, oui à la liberté d’opinion, mais non au manque de respect des autres, non à l’attaque des cultures et des civilisations». Nous pourrons ainsi aspirer à un monde de paix et de stabilité.

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